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Blog de Kitmien

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... Je ne sais pas ... bien...

Kitmien | 01 Mars, 2006 01:43

Comme je jubile de pouvoir enfin poser ces questions que depuis la plus tendre enfance je gardais au fond de moi, alors vous comprendrez pourquoi vous lire m’apporter quelques réponses ici m’intéresse !

J’observais attentivement mon père qui me racontait qu’en son temps, la naissance d’un enfant n’avait pas tout ce qui dit ou fait aujourd’hui. Il était bien attendu (cet enfant) car la mère baissait progressivement ses activités champêtres et familiales. Elle était l’objet de toutes les attentions de la grande famille. Elle ne parlait pas de ses efforts ni de ses douleurs et tout le monde priait secrètement qu’elle puisse accoucher dans des bonnes conditions le moment venu.

Accoucher était une pratique à la fois dangereuse et mystique. Il fallait chasser tous les mauvais esprits susceptibles de nuire à la famille en prenant par exemple la place du futur bébé. Il fallait aussi que la maman soit très forte pour oublier les douleurs de l’enfantement et sortir promptement ce bout de chou sans que presque aucune aide ne soit nécessaire. L’honneur de la famille était en jeu et la maman le savait. Ce n’était qu’une responsabilité nouvelle à celles qu’elle porte déjà depuis longtemps. Le jour J arrivait bien, la maman sortait toujours victorieuse et le bébé naissait en pleine forme.


Pour quitter l’endroit où le bébé était né, il fallait bien attendre trois à quatre jours, le temps que la maman reprenne des forces, que la nourriture vienne à manquer, et que le bébé soit déjà fort pour le voyage du retour au bercail. Aucune précipitation n’était notée, ce bon cycle comme celui que nous connaissons bien était toujours respecté. Il n’y avait rien à dire d’autre.

Le retour au village aussi était une routine huilée et connue. Le bébé avait maintenant quelques semaines et chaque jour il passe de mains en mains comme pour se faire connaître et reconnaître des siens. Il n’ y avait pas d’interdit particulier. Tout le monde savait que la matinée était le moment réservé du salut matinal du bébé, cet autre habitant du village qu’on accueille, à qui on se présente complètement en forçant rires et chants. Mais personne encore ne connaît les noms de ce petit chou, et tout le monde y va en proposant des petits noms au bébé. Le jour de sa naissance a bien été porté sur le cahier qu’on présente au dispensaire au moment de l’accouchement et au moment des vaccinations du bébé. Voici plus d’un mois et le jour est fixé pour le père et la mère d’aller au bureau du district pour obtenir l’acte de naissance du bébé. C’est aussi un autre long voyage. Mais cette fois et la maman et le bébé sont beaucoup plus forts et ce voyage ne dure que deux jours ou trois au maximum. La veille du départ l’unanimité est faite. Le père et la mère sont convaincus du nom de ce beau rejeton. Il est maintenant reconnu. En songe, par intuition, sur reconnaissance des traits, des actes déjà posés par ce petit chou, son nom ne fait plus l’ombre d’aucun doute. Aucune discussion, aucun débat n’est jamais plus nécessaire. Personne ne peut plus vouloir tricher en voyant en ce tout petit autre chose que le retour de son grand père… Et c’est donc normal qu’il s’appelle ainsi. Alors ce bon retour clarifie tout. Le salut du bébé change. On n’hésite plus à saluer l’oncle qu’on avait connu et donc revenu, le papa qu’on avait perdu jadis mais à présent vivant avec nous. Et le bébé ne se cache pas à répondre présent instantanément. Il reconnaît son nom comme s’il l’avait toujours porté et accepte volontiers avoir déjà des enfants, des neveux, des nièces plus âgés que lui. La seule inconnue restera le prénom chrétien a lui donner le jour de son baptême à l’église, mais le prêtre est là pour aider. Le prénom dispose déjà d’un calendrier des saints déjà déclarés. Ici c’est plutôt la beauté des œuvres connus de ces personnages qui conduisent au choix des protagonistes. L’entente avait toujours imposé ses vertus…

Qu’il devienne jeune ou adulte, cet enfant portera donc ses noms sur lesquels quelques privilégiés spéculeront sur : le passé, le présent et l’avenir de sa vie. Il aura bien sûr la liberté de croire ou pas mais tel était hier encore la vérité des noms que nous portions et continuons de porter.

Qu’en pensez vous ?

Kitmien.

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Venga | 01/03/2006, 08:18

Bravo pour ce premier coup de coeur.

Quel beau miracle que d'enfanter et quelle noble tâche ont nos mères de donner la vie qui par elles perpétuent le monde entier.

Les observations de ton père Kitmien, vu par toi-même, nous montrent combien tu buvais ses paroles si précieuses dans ton coeur pour toi.

Choisir le nom de l'enfant qui arrive dans cette vie est souvent une intuition, une perception déjà futur de ce nouveau-né. La mère, le sentant bouger dans son ventre, aura parfois la perception du nom de cet enfant à naître. Ici c'est tout le mystère du "prénom qui nous colle à merveille" qui se révèle.

C'est justement ça qui est beau, le prénom choisi il y a déjà longtemps et qui nous caractérise si bien des autres...... quel hasard non !

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Vali | 02/03/2006, 00:10

Merci Kitmien pour ce beau récit, et je décèle en toi la sensibilité qui fait souvent défaut à nombre d'hommes.

Oui, donner la vie est ce qu'il y a de plus beau et enrichissant dans une vie de femme, d'autant plus si son époux, père de l'enfant, se sent impliqué, sensibilisé, engagé dans ce merveilleux moment qu'est l'enfantement.
Je dis bien "merveilleux" même s'il y a douleur, car c'est une étape où l'on prend conscience des merveilles de la création, de la magie de cette création.

Ton récit, Kitmien, me touche beaucoup.

Quant au(x) prénom(s) à donner à l'enfant, il me semble qu'il prédestine la vie de l'être qui va le(s) porter. Ses forces, ses faiblesses, ses centres d'intérêt ... je suis convaincue que le prénom que l'on croit choisir nous est, en fin de compte, soufflé de façon mystérieuse, comme s'il était la traduction d'une énigme de vie ... J'avoue que ça m'intrigue beaucoup.

Je crois aussi qu'un nouveau-né peut être la réincarnation d'un proche disparu tragiquement (n'ayant pas achevé sa mission sur la Terre). Mais cela relève de mes propres convictions.
Il y a tant d'énigmes ici-bas !

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DINGA | 02/03/2006, 21:04

je suis tellement touchée que je ne peux me résigner, je suis d'accord avec sista Vali que donner la vie pour une femme est la chose la plus digne et honorable qui soit, ce mystére reste entier comment de deux êtres arrive à sortir un troisième.
effectivement j'ai vécu exactement la mêmme situation ; losque j'avais 15 ans j'avais perdu mon petit frère tant aimé qui partageait tout vacances, jeux j'étais meurtri par sa disparition jusqu'au jour où j'ai eu mon premier fils, 7 as plus tard à ce moment le bonheur était si grand que j'ai eu la conviction de retrouver mon petit frère que jai tant regretté.En tant que bébé il avait un comportement spécial qui venait confirmer mes intérrogations et donc j'ai fini par gérir de ma douleur.

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Tinée | 07/03/2006, 20:28

Que ton texte est envoutant Kitmien, en te lisant je revois mes années de collège où j'adorais lire les livres de nos grands auteurs africains qui ont ce talent de narrer l'époque de leur enfance.
Oui autrefois comme tu dis la venue d'un enfant était accueilli avec beaucoup de joie, c'était un vraie fète. Mais les temps ont bien changé hélas, aujourd'hui les enfants sont devenus des "accidents", des "erreurs de parcours". Eh oui.

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Mère Evé de Paris | 16/03/2006, 12:27

J'ai tardé pour rendre la première visite, mais je suis ravie de ma découverte Ya Kitmien, et ausi de retrouver une partie de la famille dans une… maison de campagne, je dirais, quel bonheur !

En Pologne, où mon père est né, on ne déclarait jamais la naissance des enfants avant plusieurs mois - par superstition. Je parle du début du XXe siècle…

Oh, et j'ai envie de partager ce témoignage d'un ami qui m'a confié récemment sa propre expérience incroyable des liens du sang : deux semaines avant la naissance de sa première fille, il a dû se faire opérer et enlever un rein, la petite est née, et elle en avait trois ! Ne l'avait-elle pas fabriqué pour combler celui de son père qui n'était plus bon ?

Comment Icon ...Miracle.... [Répondre]

Venga | 17/03/2006, 05:22

N'est-ce pas Mère Evé que les miracles existent dans ce monde..... il y aura toujours de ces événements dont nous ne pourrons jamais en expliquer la source et c'est bien comme ça non !
Dieu est Grand et puissant.

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Kitmien | 17/03/2006, 16:13

Si tu sais si un des reins du bébé a pu être implanté chez ton ami, Mère Evé, quel bonheur et quelle grâce...!

Parfois, il nous faut juste être attentif et avec un peu d'humilité, il nous sera donné de vivre des bonheurs inimaginables... surtout autour de nos enfants !

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Mère Evé de Paris | 18/03/2006, 02:31

C'est mystérieux, mais non, le rein n'a pu être implanté, question de taille… Par contre ce lien qui unit le père et la fille à travers ce rein est d'une force incroyable…

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Kitmien | 20/03/2006, 11:12

Eh oui, une force incroyable... et pour cause !

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