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Kitmien | 06 Mars, 2006 22:27
Suggérée, ou imposée cette jalousie qui m’habite et me protège est j’avoue quelque chose que j’aime. Que j’aime énormément. Je ne me sens jamais pris au dépourvu quand pour une raison ou pour une autre je dois la découvrir en moi. Peu de gens, d’amis ou encore de connaissances ont réussi à la découvrir.
Il faut dire que je la cache bien comme un secret qu’on n’a pas à révéler à tout venant. La raison de cette jalousie est pour beaucoup la cause principale de son invisibilité. Il n’ y a pas de raison que j’éprouve un quelconque malaise devant ce qui a toujours été présenté comme un défaut.
Oui un bonheur ne se lit que si l’on cherche à vouloir s’intéresser à l’autre. Quand on n’est pas jaloux, on accède alors à la découverte spéciale de ce qui est interdit aux yeux ! Pourvu que toi ma sœur, toi mon cher frère qui me lit maintenant ne possède en toi cette autre jalousie blâmable qui consiste à te dire pourquoi lui et pourquoi pas moi. Le bonheur que je prétends garder jalousement est véritablement une source intarissable de joie intérieure, de réconfort dans l’épreuve et de solution aux problèmes qui encombrent sans cesse mes pas dans cette vie que nous partageons tous. Ce partage obligatoire des mêmes détresses, des mêmes joies devant une appréciable compétition sportive internationale par exemple.
Précieusement enfoui en moi, le bonheur que j’ai découvert tardivement mais sans que cela soit en soi un problème grave (pour moi) relève d’une grande découverte surprenante. Pendant mes études scolaires, il m’a toujours été dit les superbes belles choses des bonnes gens qui se devaient d’êtres instruits, qui pratiquaient la morale et étaient doués dans leur moindre déplacement.
Ces beaux et extraordinaires êtres étaient évidemment hors d’atteinte du commun des mortels et surtout qu’ils savaient parfaitement ce que tout voulait dire et nous devions les considérer comme exemplaires. Des bons exemples à suivre et qu’on ne pourrait jamais atteindre. Les maladies liées à la propreté ne les attaquaient jamais. Leurs connaissances fantastiques les gardaient de mauvais jugement, de tout raisonnement maladroit. Un chemin obligatoire était donc dessiné pour tous les autres. Nous ne pouvions le suivre qu’au prix d’efforts incessants et longs. Alors, notre bon jugement rendu à ce niveau acceptable, nous serions déclarés aptes à continuer un autre chemin, celui de l’apprentissage de vie à leurs côtés passant d’une instruction à une pratique guidée. Bien entendu, tout ce parcours aura éliminé plus d’un. Fatigué et essoufflé cet ami finira par avouer qu’il s’arrêtera là, déçu, de ne pouvoir poursuivre ce long et interminable route du savoir et de l’intelligence.
Ils sont rejoints par ceux qui s’occupent de l’autre partie de notre être, ils savent eux aussi nous mettre en marche dans une file organisée vers cet ultime but. Nous serons devenus au bout du compte des êtres complets, connaissant tout le bien à faire, tout le bien à penser, tout le bien à vivre. Les exemples ne manquent pas et nous pointons un Dieu unique dont les pas sur terre sont tracés. L’âme, son bon chemin tout tracé et ceux qui te tiennent par la main sont déjà à un autre stade. Même si leur avancée vers le but ultime n’est pas achevé, ils sont encore capables de vous conduire de votre si lointain point de départ. Les coups permis ici sont en plus grand nombre mais pour rejoindre ceux qui nous guident gentiment, une toute petite frange y réussira.
Alors avec précipitation et délectation, nous nous sommes mis presque tous sur ces belles routes de l’achèvement de nos êtres en vie dans notre beau monde. Personne ou presque n’aura remarqué combien notre complet dépouillement était exigé. Peu importe. Le résultat au bout en valait bien la peine … voyons. Faire attention à tout ce que nous connaissions, à tout ce que nous étions ne passait pas à l’esprit de quiconque. La seule comparaison à garder, restait pourquoi chercher à s’encombrer de l’inutile quand ce que tu vas aller gagner englobe tout ce que tu étais censé venu chercher sur terre ? Au contraire. Rien de cette vie à l’ancienne ne devait encore être.
Le miracle finit bien par arriver et nous sommes nombreux à avoir traversé le mur de la connaissance spirituelle, intellectuelle, morale et civilisatrice. Le bonheur. Cet apothéose serait complet et il l’était.
Seulement voilà, ceux qu’on devait rejoindre ne répondent plus à l’appel. Ils répondent à l’appel avec des privilèges nouveaux. Ces nouveaux habits ne magnifient plus rien. Ils ne sont pas ces exemples que l’on cherchait à ressembler. Mais dites moi, étaient ils des hommes… comme d’autres hommes ? En ayant développés volontiers des techniques pour une vie cossue de l’homme, ils manquent tout simplement à l’appel.
L’amour enseigné a depuis longtemps déserté la pratique de l’amour de l’autre. Aimer était pourtant si simple à comprendre. Il suffisait de voir Dieu en l’autre. Et s’il a besoin de ton sourire, rien de plus simple que de le lui donner … et si possible avant même qu’il ne s’y attende. Tout, par ailleurs, s’est multiplié pour le grand bien de l’homme. Mais cet homme a oublié ce qu’il avait si bien enseigné pour que l’homme vive avec l’homme.
Alors, arrivés à cette si décevante fin de la route, le bilan est somme toute maigre. Les biens que nous recherchions sont bien là et nous n’éprouvons plus de mal à les mettre en pratique. Seraient ce nos brillants instructeurs qui n’arriveraient plus à trouver la force de les appliquer ?
Le constat est maintenant simple rien de ce que nous étions ne mérite d’être oublié. Nos partages et nos considérations fraternelles sont bien la base d’une bonne organisation humaine. Nos vieillards sont bien plus heureux dans nos bras. Et aucune hiérarchie de l’homme ne doit heurter le village, chacun d’entre nous ayant une place qui lui est propre pour le bien de tous. Nous n’étions jamais loin du but.
Comme il nous parait maintenant facile de conforter notre patrimoine, simplement enrichi et mis à l’épreuve pour montrer l’agréable définition d’un homme chargé d’aller rencontrer son frère !
Heureux bénéficiaires de cette vraie sagesse invisible, gardons donc jalousement le secret du partage fraternel puisque nous sommes maintenant conviés à redécouvrir un bonheur à nul autre pareil !
Kitmien.
Tinée | 07/03/2006, 13:58
venga | 07/03/2006, 15:45
Bonjour Tinee,
Je lis deux paramêtres différents dans ce texte. Le premier étant une jalousie ou plutôt une envie normale que toute personne ayant de l'ambition et de la détermination veut atteindre et qui a réussi sur plusieurs facettes de la vie, mais désolé croyant avoir obtenu le paroxysme et s'appercevant qu'il y a encore à trouver mais plus personnes pour les guider les hommes n'étant que des hommes.
Dans le second s'être rendu compte par un beau miracle, qu'en bout de ligne, bien que toutes ces richesses ont leur importance, ce n'est pas ce qui rend l'homme heureux au fond de lui et doit revenir aux valeurs fondamentales qui sont la base d'une grande magnificence qu'est l'amour.
Merci mon frère pour cette belle lecture.
Tinée | 07/03/2006, 20:18
Je ne l'avais pas compris comme ça le texte Venga. c'est de la pure philosophie alors...
venga | 07/03/2006, 22:28
Mon cher frère, j'ai vu dans ce texte une autre lecture.... premièrement concernant le bonheur enfin trouvé tardivement comme tu le mentionne. Le personnage de ton texte a découvert l'autre dimension de l'être ainsi que du faste non nécessaire à ce qu'il vient de découvrir qui est bien plus important dans notre vie sur terre. Donc la vie lui a enseignée finalement que ce n'est pas obligatoirement ce que l'on croit qui devrait être et loin de là, mais
souvent ce que LUI a décidé malgré les règles ancestrales établies.
Ce n'est pas, d'après moi, une décevante fin de route, c'est au contraire un merveilleux destin que de pouvoir vivre ce bonheur, celui-ci tracé par Dieu, avant de nous éteindre.
Le paramêtre de la jalousie par contre est quelque peu illusoire dans le sens ou l'acceptation d'un fait rend la jalousie quasi inexistante. Par contre la route est effectivement parsemée d'épreuves démontrant que nous ne pouvons nous y résoudre totalement. Le terrain par excellence de la non jalousie en étant un de grande confiance envers l'autre, la compétition même internationale ne lui donne pas le titre d'une qualité bien entendu.... mais celui d'être quand même un travers qui, est sans celle qui est condamnable, peut avoir un côté bienfaisant s'il celle-ci est légère.
Amicalement,
venga | 07/03/2006, 23:07
Kitmien,
Tu sais mon cher frère que tu es un cas ("K") avec une majuscule hihihi ! ainsi que très alambiqué dans tes écrits.....
Par contre, merci beaucoup...
Vali | 11/03/2006, 02:17
Eh oui, la richesse n'est pas celle que l'on croit.
On aura beau chercher et trouver tout le confort matériel, entasser toutes les fantaisies matérialistes qui nous encombrent à la longue, le seul but d'une vie n'est-il pas de trouver sa richesse intérieure ?
Le seul but dans une vie n'est-il pas de savoir où sont en fin de compte les vraies valeurs ?
Ces valeurs sont la rencontre de l'Autre, la fraternité, le respect et l'Amour tout court.
Car enfin, lorsque nous serons appelés à partir de cette bonne vieille Terre, que restera-t-il de notre passage ? Qu'emporterons-nous dans la tombe ou au Ciel ? Nos pensées et nos actes, un concentré pesé et sous-pesé de ce que nous aurons fait de bien sur Terre. Là est la vraie richesse accessible à tous.
Merci pour cette très belle lecture grand frère. C'est très profond.
Mère Evé de Paris | 16/03/2006, 16:23
Moi aussi, j'aime beaucoup cette réflexion, merci Ya Kitmien, c'est beau de découvrir d'autres de tes facettes…
Je crois que la jalousie est intimement liée à la possession, matérielle ou immatérielle, or, que pouvons-nous posséder outre notre propre être et notre parcours ? Cela devient malsain de posséder dès qu'on entre dans la relation à l'autre, c'est hypothétiquement menaçant, tiens je repense aux écrits de Khalil Gibran qui parle des enfants qui ne nous appartiennent pas mais sont les flèches liées à l'arc que nous sommes, et l'Archer est tout Là-Haut… Quel travail pourtant de parvenir à nous considérer à notre juste place sans puissance possessive mais simplement de transmission, et quelle joie quand on découvre qu'on y parvient ! Qu'est-ce qui est plus magnifique que de posséder la fierté d'avoir insufflé de la dynamique dans un projet ou une création et de la voir prendre forme en sachant qu'on y a contribué !
Kitmien | 17/03/2006, 15:44
Chère Tinée,
Je veux encore essayer d'éclairer mon texte pour toi.
Je suis heureux d'avoir reçu une bonne éducation de mes parents, de mon village. C'est ici que toute ma tradition m'a été transmise. Elle a fait partie de moi en me forgeant un être.
Puis c'était autour de l'école d'être en première ligne de la formation continue de ce que je vais être. L'école a utilisé d'autres techniques. C'est parce qu'elle n'a pas voulu me laisser le choix ou plutôt elle n'a pas cherché à m'enseigner dans le plein respect de ma tradition que j'ai eu à dénoncer cette carence.
L'instruction venue du monde civilisé nous a complètement demandé de laisser notre tradition "moins riche et moins utile".
Nous avons presque tous suivi cette route avec des bonheurs divers. Moi je crois y être arrivé.
Et mon nouveau bonheur que je garde jalousement est que je suis heureux d'avoir ma tradition et mon instruction avec moi. Je peux maintenant faire mon beau bilan: rien n'est à jeter , ni ma tradition qui me rend fier, ni mon instruction qui n'a pas les beaux mystères de ma tradition.
Et je peux donc faire un clin d'oeil à mes instructeurs en leur disant qu'ils avaient eu tort en jugeant ma tradition comme ils l'ont fait. Et que sans ma tradition ils ne sont pas non plus "finis". Ils ont encore à chercher des solutions pour bien vivre dans une société.
J'aurai voulu leur donner ce conseil: l'homme pour bien vivre n'a besoin que de l'homme. Voilà, si j'ai pu être plus clair cette fois ma bien chère Tinée...
A bientôt. Kitmien.
Kitmien | 17/03/2006, 15:55
Tinée,
Il faut bien lire que dans instructeurs, il y a les enseignants et les religieux: l'école et l'église...
Voilà pour ce complément.
Bien à toi, Kitmien.
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Il est très beau ton texte Raphaêl, très beau et très revelateur. Tu as une plume d'ange, le savais tu?
jalousie, bonheur, secret.... n'est ce pas d'amour (fraternel ou autre)dont il est question là?