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Kitmien | 11 Mars, 2006 04:00
Je vais oser dire que la voie du remplacement d’un pouvoir politique d’un pays est la plus royale.
Proposer de nouveaux animateurs en espérant qu’ils puissent être complètement différents de ceux qui nous dirigent mal est bien ce que nous espérons tous. Et c’est ici les différences d’analyse : l’opposition congolaise peut y arriver, de nouveaux hommes politiques sont préférables.
Ensuite, il faut bien chercher dans notre peuple les autres freins de notre développement : on cite allègrement notre culture, nos hobbies, nos traditions. C’est aussi en effet, des pistes sérieuses mais si on n’indique pas comment remplacer une peau d’un animal par une autre peau venue d’un autre animal, c’est déjà l’échec d’une finalité.
Bref, je considère deux voies principales susceptibles de nous intéresser, sans que d’ailleurs elles soient incompatibles.
Celle que nous connaissons tous est celle qui conditionne la sortie vers le bien- être de tous par le levier de la politique. La deuxième est celle qui abandonne le levier politique de façon définitive.
Le levier politique est celui qui peut faire rêver. Il permet à un groupe d’individus de nourrir le peuple pour le mener vers un bien-être pris comme cible. Je ne veux pas m’attarder à expliquer qu’une élite soudée et résolue peut venir à bout d’un peuple en dérive… Donc on n’a pas forcément les dirigeants qu’on mérite. C’est la tête (ou la locomotive) qui compte. Plus elle en a, plus elle en met et plus elle fait avancer l’ensemble. Ce ne sont pas les exemples qui manquent au monde.
Seulement voilà, aucun congolais n’a les moyens de faire arriver un groupe à être la tête (ou la locomotive) du pays. Et c’est perdre du temps à vouloir encore et encore continuer à imaginer que les éventuelles élections, le soulèvement populaire, et autres artifices affichés vont permettre l’avènement de ce que nous sommes en droit d’attendre.
Moralité : continuons de critiquer, de dénoncer, d’essayer toute sorte de réaction dans ce domaine… juste pour montrer à quiconque que ce combat reste actuel ; mais travaillons plutôt à une solution meilleure capable de nous amener quelques petits résultats… oui des résultats capitalisables dans le temps.
Le levier non politique est une utopie, une voie longue et difficile. Mais si toutes nos énergies ne vont plus au levier politique qui nous dépasse alors, quelques chances existent pour que cette voie nous conduise nécessairement à un non impasse. Cette voie s’appuie sur trois grands points.
Le premier est la prise de conscience : si nous savons que notre seul et unique levier reste notre recherche de levier économique, nous ne pouvons plus perdre notre temps ailleurs.
Le second est la connaissance de notre marge de manœuvre : si nous savons parfaitement ce qui est vital pour notre peuple de façon primaire et obligatoire, si nous arrivons à délimiter les premiers environnements de vie du plus grand nombre d’entre nous, si nous pouvons être capables de projeter le vécu élémentaire de chaque congolais jusqu’à un bon niveau raisonnable de bien-être, alors notre bataille sera claire et balisée et pourra être engagée.
Le troisième est la mise en œuvre organisée de cette dynamique : si nous décidons à tout faire pour que chaque piste nous conduise vers la reconnaissance d’un bien économique utile à chacun et à plusieurs, que nous mobilisions nos énergies à trouver méthodiquement toutes idées pour soutenir notre levier économique, que chaque pas fait dans cette voie n’ait pas à être négligé, alors nous commencerons à construire une voie à nous.
Cette voie, à notre portée, constituera enfin le chantier libre où nos idées et trouvailles pourront enrichir lentement mais sûrement notre devenir prochain. Kitmien.
Venga | 13/03/2006, 19:08
Jean Okanga-Itoua | 17/03/2006, 18:27
Mon frère, il nous sera difficile de gagner une lutte exclusivement économique si nous n’arrivons pas à faire un pas au niveau politique. Notre pays est une exception à la règle des exceptions. Ailleurs, l’économie influence sur la politique alors que chez nous cela est impossible. Nous sommes dépourvus de base, dépourvu de cadre économique et d’éthique. La politique est presque incontournable. Essayer de faire venir un simple tracteur ou une charrue de l’étranger, vous allez voir toutes les tracasseries administratives inutiles. C’est au niveau politique que se prennent les bonnes décisions et le peuple est toujours prêt à emboîter le pas. Au Congo, notre pays tout est par terre et ça nous prend du sang nouveau et des gens engagés. Au niveau politique, l’embûche reste la méfiance et beaucoup d’hypocrisie dans la classe politique. C’est ce qui complique les choses et fait durer les régimes qui nous conduisent droit dans l’autodestruction. Si les gens étaient sincères, la dictature de sa Sassou ferait déjà partie de notre passé amer. La prise que conscience est bloquée artificiellement par le double jeu des uns et des autres au prix des vis de nos frères et sœurs restés sur place. C’est dommage mais c’est un fait. Admettons que l’on choisisse l’exclusivité économique et qu’on accepte la défaite politique. Alors par où commencer?
Kitmien | 17/03/2006, 20:44
Mon bien cher Jean,
Avec ce que tu as si bien dénoncé en notre société, j'ai peur que nous n'ayons vraiment le choix.
Je n'ai pas totalement justifié l'abandon de la lutte politique et je crois que elle doit continuer sous une forme très dépouillée et très basique d'abord. Cela nous prendra du temps, trop de temps pour ne pas penser à une autre lutte plus actuelle et plus sérieuse.
La lutte économique si elle est bien menée peut aussi bien mieux nous conduire à parachever une lutte politique et de manière plus sure d'ailleurs.
Aujourd'hui la lutte politique comporte trop d'obstacles que la plupart des gens n'ont pas appris à vivre. Et les enjeux sont tels que la mort en grand nombre de compatriotes, le risque de se sentir plus faible que nos détracteurs si puissants est grand et il faut être réaliste si la lutte politique d'aujourd'hui aboutit, elle connaîtra j'en suis sûr des compromissions nombreuses. Et dans ces conditions, la nouvelle équipe issue de cette lutte aura des comportements peu éloignés de ceux que nous connaissons aujourd'hui.
Es tu d'accord avec moi mon frère ?
Jean Okanga-Itoua | 18/03/2006, 20:45
Effectivement, je suis d’accord avec toi mon frère et j’aimerais ajouter que tout est possible à celui qui croit. Mon frère Kitmien, dit moi, de ton expérience, qu’est ce qui fait la force du régime dictatorial de Brazzaville? Qu’est ce qui empêche au peuple congolais de le renverser?
Kitmien | 18/03/2006, 22:50
Mon bien cher Jean,
En te remerciant de venir discuter avec moi, je te salue fraternellement.
Je suis sûr que tu connais parfaitement les réponses à tes deux questions.
Pour te répondre, j'ai envie de te dire où vont (ou que font) les dirigeants de nos pays une fois le pouvoir obtenu ?
Si le pouvoir était obtenu auprès du peuple alors le peuple congolais pouvait renverser tout pouvoir.
Or le pouvoir congolais est dans les mains de ceux qui ont leurs intérêts au pays. C'est eux qui donnent le pouvoir à qui saura préserver leurs intérêts.
Si des illuminés et des rêveurs pensent agiter le pauvre peuple dans le but d'enlever un pouvoir encore protégé par les détracteurs, ils vont simplement être redevables des morts et des détresses congolais.
La seule possibilité (à mon sens) est de réussir à négocier avec nos détracteurs, leur promettre tout, et une fois accepté et une fois le pouvoir reçu d'eux, de pouvoir essayer par tous les moyens d'alléger les souffrances de notre peuple.
A ce moment là, il faudra jouer un double jeu qui consistera à ne pas déplaire aux détracteurs et à utiliser toute la latitude laissée par les détracteurs pour s'occuper de son peuple le mieux possible.
C'est aujourd'hui ma vision du pouvoir au Congo.
Maintenant, si les détracteurs qui ne sont pas au Congo, subissent par extraordinaire des revers qui les perturbent et qui peut être les conditionnent autrement, alors cette aubaine extérieure peut servir notre pays après une certaine forme de lutte.
Voilà pourquoi je pense que le chemin économique est le meilleur.
Il nous prépare à bien nous connaître, à bien nous indiquer progressivement nos intérêts à nous, à nous apprendre à vivre riches de ce que nous avons et dont nous allons avoir la maîtrise progressivement.
Ce chemin est long pour nous car nous partirons presque de zéro.
Mais il fera de nous des congolais responsables de chaque miette que nous saurons produire, vendre et consommer.
Il construira notre début de nation véritable car nous n'aurons plus d'yeux rivés à la politique.
Nous commencerons à nous débarasser de nos petites tares connues et nous cheminerons en toute quiétude car nos intérêts ne vont pas rencontrer, au début et longtemps après, ceux de nos détracteurs.
Eux seront rassurés et heureux de continuer à s'enrichir sur notre dos, tandis que nous, patiemment, nous prendrons le temps de nous construire un avenir indispensable à tout pays...
Es-tu toujours d'accord avec moi ?
Bien à toi, Kitmien.
Jean | 19/03/2006, 06:14
Oui, mon frère Kitmien, je suis encore d’accord avec toi. Le chemin éconmique semble être le meilleur mais il faut le décortiquer acr je vois pas mal d'embûches. Nous pourrons en discuter dans les détails.
Je suis partisan de la «voie à plusieurs cartouches», lorsqu’une ne fonctionne plus, on passe à une autre. Mais il faut l’avoir exploitée à fond.
Devant des enfants qui ne vont plus à l’école, devant des gens qui ne pensent qu’à un enrichissement facile et éclair, bref à la vie facile. Quand le détournement des fonds publics n’est plus dénoncé et devient un acte de bravoure, quand le mal devient l’exemple. Il y a urgence.
Avec qui allons nous bâtir notre économie lorsqu’on a perdu le respect de la chose collective? Qu’est ce qui nous restera lorsque notre jeunesse aura perdu l’éducation? Les mentalités se dégradent au jour le jour et elles vont continuer. Quel est l’avenir que l’on peut donner à un pays qui perd sa jeunesse?
Nos détracteurs nous écrasent car nous n’avons rien qui nous uni, nous avons perdu tous nos repères et nous avons fini d’ailleurs par tout haïr, même la terre de nos ancêtres. Pour des besoins égoïstes, nous sommes prêts à tout vendre. Même la dignité n’existe plus. Où est le nationalisme congolais? Qu’allons nous léguer aux futures générations? Le peuple est mis à genoux.
Mon frère Kitmien, je pense qu’il est temps d’être plus entreprenant, plus réaliste sinon, il sera trop tard. Nous n’avons plus que jamais besoin d’un sursaut national. Alors nous devons nous tenir la main dans la main et nous serrer les coudes.
Salut mon cher frère et à très bientôt.
JOI
Matthieu ITOUA | 22/03/2006, 23:10
Cher Grand frère.
Veuilles avant tout recevoir toutes mes felicitations pour ton analyse bien lucide. Ton expérience, je n'en doute pas un instant m'inspirera beaucoup.
Bien, tu as tout dit quant à voie qui nous est la meilleure dans notre situation. Pour résumer, le levier politique est trop risqué et nous n'avons pas la garantie d'obtenir le soutient de ceux qui nous imposé le pouvoir actuel: la France et les compagnies pétrolieres principalement. Dans un article paru sur Mwinda, il etait question des remontrances du President actuel aux membres du PCT, comme quoi les querelles renovateurs/conservateurs pourraient à nouveau réunir les conditions dans lesquelles le PCT perdit le pouvoir en 1992. Et le President de dire qu'il ne fallait pas que ce soit encore "un deuxieme gaou". En clair, ils ne laisseront pour rien le pouvoir leur filer encore entre les doigts. Alors, inutile de trop rever là dessus.
Il nous reste donc le levier économique. Malgré toutes les difficultes que celka comporte, elle présente l'avantage de pouvoir capitaliser petit à petit. Le peuple n'est pas dupe et lorque les résultats économique seront palpables, les animateurs de cette voie pourront alors mieux se positionner pour actionner le levier politique qui leur permettra de reprendre pacifiquement le pouvoir. Il ne faut pas perdre de vue que trop de sang a coulé dans ce pays, donc ce n'est pas la peine d'en rajouter. Le levier économique est le mieux indiqué pour permettre à ses acteurs de construire un veritable socle pour l'avenir.
Je suis partant pour cette voie. Je ne sais pas si tu as quelque chose de concret pour se mettre au travail au lieu de discourir seulement à longuer de journée "avec un fromage dans le bec au bord de la Seine" (dixit un lecteur de Mwinda qui reside au Congo, à ceux qui critiquent le pouvoir sans oser affronter les réalités plus difficiles du pays).
Bien à toi mon cher grand frère.
Kitmien. | 23/03/2006, 23:23
Mon bien cher Matthieu,
Je suis content de trouver que comme moi tu penses que nous avons intérêt à commencer à apprendre à être riche de ce que nous pouvons par nous mêmes produire, à bien nous définir nos intérêts que nous apprendrons à défendre. Ensuite, nous engrangerons les richesses au fur et à mesure de nos essais hargneux à en revendre.
Pour le reste, n'hésite pas à sortir en toi toutes tes propositions mais sur mon deuxième blog réservé au Congo si tu le désires.
Bien à toi, Kitmien.
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Bonjour grand frère,
Je fais un copié/collé d'un commentaire que j'ai fait suit Mwinda qui vise le même objectif que le texte que tu nous a fait. Le voici:
TITRE DE L'ARTICLE: Denis Sassou Nguesso ne gère pas le Congo, il gère la durée au pouvoir. Par Calixte Baniafouna ET: Témoignage bouleversant DE: Yvon Thomas.
Venga lundi 13 mars 2006, 13:54
Tout à fait, ces deux articles s'entremêlent facilement puisque c'est la finalité du premier article qui donne les résultats du second ! et c'est tout à fait inconcevable ce que vivent nos frères et soeurs.
le premier donne les résultats du second !!!
A la lueur de ce que nous savons et décrions tous, il est impossible de modifier quoi que ce soit dans ce gouvernement alors il faut agir ailleurs.
Il faut que nous voyons et dirigions nos pensées autre part que dans un changement politique car il est clair que c'est une pure perte d'énergie.
Essayons de trouver comment aider notre pays et notre peuple si souffrant autrement que politiquement. C'est là tout le travail que nous avons à accomplir. Regardons ensemble dans un esprit de collaboration ce qui peut se faire pour améliorer nos conditions car nous ne pouvons laisser mourrir nos familles et amis en espérant un changement politique qui ne viendra pas encore avant plusieurs années.... si changement il y a.
C'est, d'après nous, dans ce sens que devrait se diriger nos efforts constructifs.