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Kitmien | 19 Mars, 2006 20:47
Quand arrivait le moment pour ma mère de devoir quitter le
domicile conjugal en fin d’année de la culture du manioc, notre petite
communauté devenait hystérique. On savait tous que maman devait se faire
accompagner par un ou deux enfants parmi nous et chacun de nous cherchait par
tous les moyens à faire partie de cette forme de vacances à aller passer chez
les parents maternels.
Cette belle tradition était pour moi la plus
belle des trouvailles. Maman se réservait le droit de retourner « auprès
des siens » pour deux ou trois mois histoire de partager avec ces parents
qu’elle n’avait plus revus depuis quelques temps. Elle ne pouvait pas oublier
d’aller montrer le dernier-né de la famille pour les bénédictions de la grande
famille, et nous savions par le choix qu’elle faisait des enfants qui devaient
aller avec elle si elle allait pour y passer un ou deux ou plusieurs mois.
Cette fois là en plus du bébé qu’elle portait au dos, elle m’avait choisi, je
n’avais pas encore commencé à aller à l’école et aucune grande sœur ou frère
n’était avec nous pendant le voyage.
Je préférais bien notre village où j’avais
des amis, des sœurs et des frères pour jouer mais pour rien au monde, je ne
pouvais rester là bas. Mon père me manquerait lui, qui n’avait pas droit
d’aller avec maman et nous, pour une interdiction de principe. Le secret que je
croyais garder en moi était un secret de polichinelle car, mes frères et tout
le village d’ailleurs, savaient bien que nous allions ce matin là retrouver les
grands-parents !
Les souvenirs étaient si nombreux avec ma
grand-mère que ma tête me donnait l’impression d’exploser au moment où nous
commencions notre belle marche pour rallier le village de grand-mère. Je
n’étais pas très vif ce matin là et
maman en avait profité pour descendre ma petite sœur du dos pour qu’elle
trottine avec moi quelque longueurs.
C’était le meilleur moment du voyage, je me
trouvais subitement avec tellement de responsabilités, montrer les fleurs
sauvages du chemin en essayant à chaque fois de lui apprendre le nom de ces
fleurs, le nom des arbres quand nous traversions de petits bois sur notre
route. Je surveillais ses petits pas de peur qu’elle ne heurte les bords du
sentier. Le comble de notre joie était à coup sûr quand il arrivait que l’on
trouve des balangos, ces petits fruits sauvages violacés et très sucrés que
nous sucions des heures durant.
Les autres fruits sauvages qui nous
enchantaient étaient ces bons malombos jaunes et aromatisés que maman
trouvaient pour nous. Elle s’arrangeait en effet de marcher à quelques mètres
de nous hors du sentier pour pouvoir les repérer et cueillir ces beaux fruits
sauvages qu’on adorait tous.
La route était longue. Mais cela ne me faisait pas peur. Nous traversions des ruisseaux frais à midi et maman en profitait pour nous laisser nous baigner calmement. L’eau claire et douce était un délice, nous la buvions évidemment car entre sa source et le lieu de la route, le ruisseau suivait un petit bois sans habitation susceptible de le salir. Maman éprouvait tellement de mal à nous faire repartir, ma petite sœur et moi plongions et replongions sans cesse dans cette envoûtante eau jusqu’à rendre rouges nos yeux.
Pour reprendre notre route, maman nous conseillait de sautiller pour faire sortir toute l’eau emprisonnée dans nos oreilles, ce qui avait pour conséquence de ralentir notre marche… Oh qu’ils sont si mémorables ces petits moments de nos jeunesses… ! Kitmien.
Venga | 20/03/2006, 01:02
DOUCOURE MB | 21/03/2006, 16:28
Cher P'pa,
Que c'est intense cette immense tendresse que t'as eu la chance vivre. aussi je fais le voeux (voeux qui je suis sur sera exhaucé) que tes p'tits puissent en ressentir d'aussi forts.
Merci à toi P'pa de nous rappeler que ces instants doivent encore être.
Kitmien. | 24/03/2006, 22:44
Mon très cher fils'ton !
Comme je suis si content de te lire et merci de ta réaction. Je sais maintenant que tu continueras d'exister dans mon coeur même après mon départ prochain. Dis aussi à mon autre fils'ton qui est à côté de toi de venir ici réagir et faire signe. ainsi vous me ferez plaisir. A bientôt donc de te lire.
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Cher grand frère,
quel bonheur de te lire. On ressent tout l'amour et la tendresse que ces gens avaient pour toi et toi pour eux. On y lit toute la sensibilité de ces instants.... c'est presque palpable !
Ce sont des moments d'enfance rêvé que nous offre mon frère. Ceux que tout enfant voudraient vivre.
Inoubliables...
Merci à toi.