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Kitmien | 21 Avril, 2006 02:14
Comme il nous arrive souvent de répondre à un ami, j’ai eu l’envie de dire à une amie sur le net combien je voulais bien lui faire un partage très intime. C’est parce que la vie qui nous est offerte n’a jusqu’à présent pas laissé toutes ses portes ouvertes de la même façon à tous.
Je
ne cesse de remercier ma tendre mère lorsqu’elle m’apprenait cette leçon si
simple mais qui avait pris tellement de temps avant qu’elle soit mienne !
Il
faut, me disait-elle, commencer par bien savoir ce que tu vas planter l’année
suivante. Tu dois de manière précise, avoir parfaitement choisi le champ dans
lequel tu vas planter tes maniocs, tes ananas, tes légumes en même temps. Avant
que tu ne puisses un jour rencontrer ce terrain idéal de tes pensées et de tes
espérances, tu dois avoir concrètement bien dessiné dans ton cerveau, dans ta
tête, dans ton âme de façon à ne pas te tromper. Quelqu’un peut bien te
présenter un bon terrain à louer, il faut que tu sois capable de dire non quand
il ne correspond pas à celui que tu avais déjà conceptualisé en toi.
Ensuite,
ajoutait-elle, prends bien le temps, une fois le terrain trouvé, de le tester. Il faut que tu arrives à te dire un
certain nombre de fois que le terrain que tu as eu n’est pas celui que tu
rêvais d’avoir. Si au bout d’un temps relativement long, tu restes encore
accroché à ce terrain, alors pas de doute, tu as trouvé celui que tu avais déjà
placé dans ton cœur…
Maman,
était bien devenue assez âgée, mais quand elle se mettait à me parler, elle
retrouvait cette belle allure et ses yeux devenaient si tendres et si confiants
que je me sentais obligé de l’écouter religieusement. Elle me disait que c’est
parce que je n’avais pas suffisamment bien mûri une idée, une espérance qu’elle
ne se réalisait pas.
L’école
est bien la chose la plus belle martelait-elle, elle te permettra de choisir
ton chemin plus tard, mais tu dois déjà savoir ce que tu seras heureux de
faire, de vivre une fois tes études finies.
Réalise
déjà que si tu te trouves trop prêt d’un but et que tu veuilles chercher à
l’atteindre, tu échapperas quelques avantages si par extraordinaire tu arrives
à toucher ce but.
D’ailleurs,
ceux qui galèrent à espérer trouver leur amour sans bien savoir comment il doit
être, sont généralement toujours au point de départ. Ils cherchent en effet ce
qu’ils ne trouveront pas puisque ne le connaissant pas. Ils devraient
m’expliquait ma mère, commencer à savoir ce qu’ils souhaitent trouver. Quel
sentiment premier souhaite t –il trouver en l’autre, quelle qualité obligatoire
doit être doté le futur aimé, que ne doit il jamais être, et quelle autre chose
ne doit il jamais posséder.
Maman
était intarissable quand elle voulait me sortir de mes retranchements. Tu dois
me houspillait-elle, aussi avoir en toi quelque chose exclusivement destiné à
ton futur partenaire. Quelque chose dont tu serais fier et que tu espères lui
donner une fois seulement votre union confirmée. Tu dois aussi être prêt à
imaginer ce qu’il peut vouloir trouver en toi. Tu dois t’assurer que tu
possèdes déjà tout ce qu’il peut exiger trouver en toi.
La
vie est belle pour deux êtres qui se savent être faits l’un pour l’autre et qui
sont prêts à se soutenir l’un ou l’autre dans ces moments difficiles et
inévitables de nos routes.
EMMA BENJI | 21/04/2006, 11:54
Mère Evé | 21/04/2006, 13:11
Nous sommes tous les amis à qui tu pourrais chuchoter à l'oreille cette sagesse transmise par ta mère, grand frère, merci !
Dinga-dinga | 23/04/2006, 03:45
Frère Kitmien soulève là une question délicate mais une base vitale dans notre vie à comprendre pour mieux se gouverner sur notre chemin de vie. c'est vrai pour toutes choses il faut avant tout méditer et mûrir une question pour avoir la réponse. Si nous prenons le domaine de l'amour : de nos jours certaines personnes se sentent obliger de sortir avec plusieurs partenaires pour essayer de trouver parmi eux celui qui convient mais malheureusement après avoir offert son corps aux uns et aux autres arrivent en vain à trouver le bon. Mon expérience personnelle m'a fait découvrir qu'il faut chercher une chose avec son coeur en premier et non avec ses yeux sans calcul surtout.Dans le but de recevoir et de donner. Si tu cherche un homme ou une femme honnête soit le toi même. Si tu veux un homme riche matériellemnt soit riche de coeur . Et si tu veux un homme rien qu'à toi soit capable d'être fidèle.
Il y a toujours une contrepartie sur ce que l'on désire. Si l'on a rien à offrir à l'autre on peut pas tout avoir. Savoir ce que l'on cherche est tès important. Avoir confiance sur ce que l'on cherche existe quelque part l'attendre sans se disperser quelque soit l'endroit où l'on se trouve ce que l'on cherche apparaitra comme une réalité. Et puisque dans son coeur on a toujours su ce que l'on voulait donc à son apparution on le reconnaitra évidemment.
Venga | 23/04/2006, 04:47
Bonjour grand frère,
Merci de partager avec nous cette petite portion d'intimité, permet moi aussi de vous partager mes idées sur ton intimité.
Ta mère avait certainement raison à bien des égards concernant la façon de conceptualiser ta/ton futur/e partenaire mais ne sait-on jamais ce que pense vraiment la personne qui est devant toi quand vient le moment de décider de vivre ta vie avec cette même personne ! Est-elle aussi profonde et franche que toi dans ta démarche cher frère ??
Le monde change constamment, nos idéaux, nos rêves, nos besoins, la vie tout simplement change à tout moment. Comment dans ce cas prévoir à coup sûr de ce qui adviendra de la personne que tu aimes ou qui t'aime dans 10, 15 ou même 20 ans !! Certe que lorsque tu dis à cette personne que "tu l'aimes vraiment pour toujours" à ce moment-là même, oui tu le pense vraiment mais qu'en est-il de la même phrase 5 ans plus tard ??
Je ne disconviens pas du bien fondé de te connaître très bien d'abord et de bien savoir ce que tu désires ou ne désire pas dans ta vie, mais de croire que toute ta vie se passera comme étant un bonheur certains à cause de ces choix de départ me laisse toujours perplexe après maintes réflextions mon frère, surtout si les critères ont été faits étant jeune au début de l'âge adulte ou, d'après moi seulement, il y a plus de risque de moins bien se connaître qu'à 40 ans par exemple (en plus de nos besoins changeants !!).
Je crois qu'il faut laisser de l'espace aux changements inévitables dans notre cheminement de vie, aux imprévus, à l'inopiné qui très souvent est bénéfique mais aussi peut être le début de nouveaux besoins dans un couple puisque le monde est en constant changement et mouvement.
Qu'il y ait des couples qui soient ensemble depuis plus de 35 voire 40 ans et qu'ils aient été heureux toute leur vie c'est très beaux mais le fait que les gens aient à vivre 2-3 relations communes avant de trouver la personne correspondant à leurs choix de vie n'est pas moins à souhaiter si à l'aboutissement le bonheur leurs est accordés.
Dieu place sur notre chemin les gens que nous devons rencontrer pour différentes raisons, il n'y a jamais rien de fait au hasard nous sommes d'accord, donc si nous avons à grandir intérieurement avec 3 relations différentes et que notre voisin grandit et évolue avec une seule relation, qui s'en trouvera le plus heureux ?? qui aura fait un meilleur cheminement ??
La vie se doit d'être belle pour tout ce que nous avons à vivre ici-bas ou il y a plusieurs véhicules pour arriver à un seul et même but; grandir dans l'amour. Aussi bien grandir et être heureux en même temps non ? nonobstant si nous trouvons ce bonheur à 20-40 ou 60 ans !!
Un petit mot pour maman, j'aime cette "ma" qui avait une si belle moralité et qui me semble si noble.
Continue, cher grand frère, à nous chuchoter et nous faire partager ces petits moments tant appréciés.
Franternellement.
Mayombe82 | 28/04/2006, 13:24
« L’oiseau chante mieux sur son arbre généalogique », j’ai entendu ça aujourd’hui sur RFI lors de l’émission Médias d’Afrique d’Alain FOKA. J’adore la façon dont tu parles de tes parents, et ces conversations avec ta mère me rappellent moi aussi de bons et merveilleux souvenirs. Peut-être les plus beaux de ma vie. J’ai souvent été en contradiction avec elle, ayant souvent l’impression que mon pater me comprenait mieux. Il faut dire qu’ils n’avaient pas la même vision des choses en matière d’éducation. Lorsque je terminai mes études dans un pays Africain, j’avais écrit dans mon rapport un texte, en page dédicaces à mes parents, qui leur avait fait énormément plaisir.
Hé ! oui, parfois je suis à la croisée des chemins et les conseils, avis et suggestions de mes parents me manquent beaucoup et je me souviens encore de ce frère (orphelin de père et de mère depuis 14 ans bientôt) qui me disait il y a quelques mois, même si tes parents sont loin de toi, profites-en à fond, tu ne peux pas imaginer combien mon père me manque. Ce frère connaît une certaine réussite (tout est relatif bien sur) : une voiture, un appart dont ils sont propriétaires lui et sa femme, un boulot relativement bien payé (même si tout disparaît dès que le compte est approvisionné), une femme adorable qui s’occupe très bien de lui, deux bambins magnifiques, un métier qui lui permet de voir du pays. Mais il pense à ses parents tous les jours. La plus belle richesse qu’on puisse avoir c’est la famille, il n’y a rien de tel !
J’adore ces hommages que tu rends à tes parents. Une de mes mamans me disait un jour que nous leurs garçons étions désormais des pères pour eux (d’ailleurs elle m’appelle tout le temps papa). Et quand j’entends ma mère depuis des années me demander un avis sur certaines décisions qu’elle doit prendre, mon cœur se remplit d’une joie infinie. Quand je vois cette jeune Française dont le père a imité la signature pour aller prendre un crédit immense (qu’il refuse de rembourser), je dis encore une fois : merci papa. Merci maman.
Kitmien | 28/04/2006, 14:49
Cher M82,
J'écoute aussi Alain FOKA sur RFI. Huumm j'aime sa voix grave et entrainante...
Je me demande parfois comment une si belle sagesse se soit greffée en nos ancêtres ?
Appeler un enfant papa, une fillette maman est pour moi d'une beauté immense !
Nos parents de tous les temps, quel bel héritage humain extraordinaire qu'ils avaient eu à perpétrer et à nous léguer?
Allons nous prendre l'idiote responsabilité de le détruire au profit d'un système si simple à critiquer et qui n'apporte pas que du bien à l'humain ? ... Kitmien.
Mayombe82 | 02/05/2006, 13:20
En effet, aîné, il est étonnant quand on voit l’état de déliquescence de nos sociétés (quelles qu’elle soient) alors que nos ancêtres avaient « crée » de si belles valeurs. Ce qui peut paraître une abomination pour d’autres, est en effet quelque chose de très naturel pour toi, pour moi, pour certains d’entre nous. Je pense souvent à ces moments où en compagnie des jeunes cousins de ma mère je les appelais « Noko » (oncle maternel) et qu’ils me rendaient la pareille. Ces petites filles qui jouaient encore dans le sable et que j’appelais maman. Ces moments où j’appelais la femme du père de mon père « koko », alors qu’ici on e comprend pas que la fille de mon cousin m’appelle « papa ». cela me ramène 17 ans en arrière quand suivant un film Américain avec quelques Asiatiques dedans, un Blanc s’étonnait des croyances d’un (ce qui était évident pour moi), et ma cousine à côté de me dire , « c’est une question de culture, mets-toi ça dans la tête ! » Je lui rétorquais : « Et les Blancs, ils disent bien « « Sœur » Emmanuelle, « Mère » Thérésa, « Père » machin, non ? ». @+, M82
Kitmien | 02/05/2006, 23:37
J'avoue mon étourdissement quand je me permets de voir cette société occidentale avec circonspection.
M82, j'en arrive à conclure qu'elle ne vaut pas ce qu'on lui attribue et ce qu'on lui vante !
Je te jure que si j'avais un choix à faire, malgré tout, je choisirais de loin notre société car elle me parait plus perfectible et donc plus humaine !
Mais malheureusement, ceux qui (pour moi) brandissent des spectres pour faire croire que la société dominante est celle où environ 75% de ce qu'on nous montre est abominable (à mes yeux)sont les plus nombreux. Ils savent crier plus fort et s'organisent à piéger le monde, pire ils contraignent avec habileté) les autres à être comme eux !
Je suis bien content d'avoir, à temps, choisi (dans mon coeur et mon esprit) de faire de ma terre africaine, mon lieu de vie permanent et ne considère cet ailleurs (que beaucoup voudraient faire voir comme meilleur) que comme un leurre pour non avertis...
Bien à toi mon frère !
Mayombe82 | 04/05/2006, 12:10
Comme on dit en lingala, ékoméli na nga étuti libaku ! Dans mon post précédent, lire : « S’étonnait des croyances d’un Chinois ».
Vieux, tu fais fort avec tes 75% !
En effet Vieux, on se rejoint encore une fois sur ce plan. Enfant, comme beaucoup, j’ai eu ce complexe du Blanc qui savait tout, qui connaissait tout, mieux que quiconque sur cette terre. Voilà pourquoi je demande aujourd’hui à mes semblables d’enseigner l’amour du pays à leurs enfants. De transmettre certaines valeurs qu’ils jettent aux oubliettes pour des raisons qui ne tiennent pas la route. Qu’ils soient en Afrique, et surtout hors d’Afrique, ils doivent transmettre à leurs progénitures toutes ces bonnes choses que le bon sens nous recommande d’avoir en partage. Que les Brazzavillois et les Loubomois n’hésitent pas, les grandes vacances arrivées à aller au village avec leurs enfants. Ce sont des choses que je n’ai que très peu connues. Et je remercierai toute ma vie ma mater de m’avoir forcé à aller aux villages alors que j’étais très réticent. Au jour d’aujourd’hui, je considère, même avec le recul que ce sont les plus belles vacances de ma vie. Plus de télé, manger à l’heure que je voulais, j’étais choyé et chouchouté comme pas possible. La pêche, manger de très grosses papayes sous le papayer, avec de beaux citrons. Discuter avec mon grand père comme lorsqu’il passait nous voir à Brazzaville.
Moi aussi, mon choix est fait. Depuis que je suis à l’étranger. La vraie, c’est là-bas. De l’autre côté de la Méditerranée. Je n’oublie pas les devoirs que j’ai envers mon continent. Qui m’a donné ce qu’il a pu. Dans la mesure du possible. Comme je l’ai dit à l’auteure Sénégalaise Khadi HANE lors du salon du livre, quand je croise un Nègre dans les rues de Paris et de Navarre, c’est un Frère que je croise. N’en déplaise à Condelezza RICE. @+, M82
Venga | 04/05/2006, 13:49
Notre grand frère a tendance à y aller un peu fort quand il y met sa fougue... on le connait bien (rires). 75% grand... c'est un peu beaucoup !!!
Moi aussi mon choix est fait. Mayombe..... Bravo.
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Rien a rajouter...tu as tout dit!
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