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Kitmien | 25 Avril, 2006 19:24
J’ai souvent lu des récits, des écrits où les auteurs recouraient à l’histoire pour expliquer le présent. J’ai admiré les démonstrations des auteurs qui se sont servis de l’histoire pour confondre les éventuels irréductibles à voir l’évidence se réaliser devant nous !
Seulement voilà, je sèche devant l’inextricable moyen par lequel notre histoire contemporaine va passer pour nous montrer ces chemins évidents de bonne sortie du cauchemar qu’il nous est donné de lire ici et là et dans lequel nous pataugeons depuis si longtemps.
Mais je suis certain que je n’ai pas suffisamment lu pour prétendre à un quelconque découragement. Aussi vais-je vous partager mon désarroi en espérant que vous avez déjà trouvé quelques réponses, vous avez peut être lu nos écrivains et nos érudits montrer ces signes qu’ils savent distiller pour soutenir nos silences, nos découragements ou nos sombres nuits.
Nous avions lu la fin d’un esclavagisme destructeur faire place à un colonialisme ravageur installer un système complexe où je suis incapable de trouver les clés d’une bonne compréhension…
J’ai d’abord cru que les frères riches, en ayant eu suffisamment dans notre monde, seraient gentils de penser à nous. Ils allaient comme des frères, nous aider, nous pousser à nous enrichir à notre tour. Ils ont fait un chemin particulier au monde, ils ont découvert et bénéficié de tant d’avantages qu’ils ne pouvaient pas vivre heureux et voir leurs frères souffrir sans rien faire de sérieux. Ils auraient certes pris tout le temps nécessaire pour jouir de leur bonheur mais ils ne pouvaient pas finir par refuser cette joie saine d’un partage fraternel justifié.
Il leur serait reproché des comportements inamicaux et démoniaques, ils auraient malgré tout retrouvé l’indulgence de tous par ces actes pleins de lumière et de bonté dont raffolent les frères et qui illuminent heureusement notre beau monde partagé avec équité et raison.
Ensuite, les yeux se sont tournés vers ces frères de sang. Ils ont souffert mais n’ont pas oublié. Ils ont été écrasés mais n’ont pas tout perdu. Ils ont vécu avec les autres, ils ont eu parfois ces petites aspirations inévitables dans notre humanité, qui les ont donnés d’être plus grands que les leurs, aussi grands que les frères dont ils partagent les responsabilités.
Voici donc ces frères de sang perdus loin de chez eux depuis des siècles et qui par paresse, par honte peut être, ou encore par duperie, ont pris des distances. Ils ne sont plus et n’ont jamais été nos espoirs pour l’accession à une vie plus humaine et plus respectable.
Reprochent-ils leur éloignement forcé à nous tous ? Ont-ils été contraints par leurs nouveaux frères de manière insidieuse ? Nous avons depuis longtemps déchantés à l’idée de les voir nous visiter, nous conter leurs épopées et leur histoire. Ils ne sont plus que des frères perdus à jamais…
Et maintenant, nous avons ces nouveaux frères qui nous quittent en nous disant les au revoirs pressants et encourageants. Ils partent avec détermination à nous revenir pour nous délivrer, nous assurer le chemin par lequel nous réussirons la sortie du tunnel. Ils nous connaissent bien. Ils ont laissé une bonne partie d’eux-mêmes ici.
Ils savent que des frères de sang nous tiennent dans un gouffre sans rien nous dire. Ils n’ignorent pas notre situation. Ils ont commencé à nous redonner confiance. Ils montrent bien qu’ils se battent.
Ils réussissent parfois à vivre comme ces autres frères riches. Ils ont obtenu des victoires certaines, dans notre histoire ancienne. Ils ont obtenu des places diverses dans le monde où ils évoluent.
Représentent-ils encore l’espérance de leurs frères restés si loin ici chez eux ? Ils mènent des combats qui commencent à ressembler à un enracinement, qui fait penser à celui des précédents frères dans le lointain continent des amériques.
J’ai peur qu’ils oublient ce qui est principal pour nous. La construction du dernier continent de notre monde où il fera bon vivre. Comme tous les autres continents sont enfin rendus à cette étape, bouclons la boucle avec notre continent africain qui n’attend que ça pour rejoindre… le concert des continents.
J’ai peur que leurs énergies à mes frères de sang ne s’étiolent dans cette grande recherche de se faire un trou là où ils vivent… provisoirement ( ???). Ils se battent pour tellement de bonnes causes, comme la recherche de leur identité du lieu de vie. Ils font les leurs toutes ces luttes spécifiques qui améliorent un pays, un continent.
J’ai peur que ces pays nous enlèvent encore une fois notre bonne graine pour leur bonheur exclusif. Ils ont pourtant tant et tant de frères. Le comble est que nos frères de sang semblent pris au piège (à notre entendement, pas du leur). Ils nous embarquent malgré eux dans ces froufrous d’autres frères, ceux là qui ne nous apportent déjà pas tout le bien qu’on attendait d’eux.
Je me demande par quel moyen vont-ils enfin avoir envie de nous, de leur ancienne terre. Comment pourront-ils facilement revenir construire ce continent qui a toujours compté sur eux s’ils choisissent de travailler, de construire, de se battre pour leur bien être, et surtout de revendiquer leur complète intégration chez eux ?
Je ne peux plus hésiter, si ces frères, partis loin de nous, vont agir dans un sens ou un autre pour nous accompagner tant mieux, mais nous devons absolument nous construire nous-mêmes seuls. Nous n’avons plus de temps. Nous devons ne plus compter sur eux résolument. Il faut que cela soit assez clair.
Il est toujours plus difficile de s’en sortir lorsque l’on est soi même malade, écrasé, et dominé mais si aucune aide ne peut être attendue de nulle part, l’unique espérance reste le courage de tenir bon, de guetter toute opportunité de révolte victorieuse et de prier pour nourrir nos esprits.
Et pour ceux qui affectionnent les comparaisons, De Gaulle a dû compter sur d’autres frères, d’autres terres que la sienne pour commencer son combat et ce sont des frères venus d’ailleurs qui lui ont apporté la victoire sur un plateau fraternel.
Il n’était pas parti de Munich, de Berlin non plus, pour dire son fameux discours… L’ascenseur attend toujours de revenir … à … la capitale de l’époque ! … Kitmien.
Venga | 26/04/2006, 16:12
Kitmien | 26/04/2006, 16:25
Oui très chère Venga,
Je fais du pied à mes frères pour qu'ils réagissent et se rendent compte de ce qu'ils peuvent essayer d'entreprendre...
Je veux qu'ils repensent à leur continent de départ. Ils ne peuvent pas tout oublier tout de même !
Je veux que leurs intelligences servent un peu leurs frères restés au continent...
Mais oui l'amour est bien le premier sentiment que nous découvrons à notre naissance et c'est celui là que nos parents essayaient de nous inculquer.
Malheureusement, les richesses du monde nous transforment trop vite pour nous faire oublier cette indiscutable joie d'être des frères!
Dommage en effet, je te l'accorde. Kitmien.
Mayombe82 | 28/04/2006, 14:02
A propos des riches : je ne voudrais pas généraliser, mais certains, plus ils en ont, plus ils en accumulent. Ils en accumulent comme s’ils avaient peur de manquer. Et curieusement, à leur mort, leurs comptes sont garnis comme le « pain-beurré » de mon enfance ! A quoi cela leur aura-t-il servi ? Un frère ayant bossé au fameux parce Eurodisney de Marne La Vallée (Région Parisienne) m’expliquait plusieurs fois comment ils avaient obligation de jeter les victuailles restant après les beaux repas des grosses légumes ! Le 1er qui en donnerait au moindre gueux risquait de belles réprimandes de la part de sa direction. On évoque tout et n’importe quoi pour justifier l’injustifiable : « Si c’est avarié et qu’un mendiant qui en a mangé se retrouve intoxiqué, il se retournera contre nous ! » Diantre ! C’est tout.
Ils sont légion en effet nos frères de sang perdus dans les nimbes d’un confort Européen qu’ils savent chimérique. En 1990, une de mes mamans en mission sur Paris profita d’un week-end pour aller visiter son oncle maternel à Bordeaux, installé là-bas depuis 1962. leur conversation était poignante (c’est une maman qui ne mâche pas ses mots !).
- Ta propre mère est morte, tu n’es pas allé au pays pour les obsèques. Celle qui t’a élevé, la sœur de ta mère est mourante actuellement au village, elle demande tout le temps.
- Comment voulais-tu que je rentre au pays, alors que je n’y ai même pas une maison ?
- Tu crois qu’en arrivant à Brazzaville je ne te permettrai pas de dormir chez moi ?
S’en est suivi un véritable lavage de cerveau pendant lequel l’oncle a fondu en larmes devant sa jeune nièce (elle avait 32 ans à l’époque et lui proche de la retraite).
Vaste sujet s’il en est ! Le boulot m’appelle.
@+, M82
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Bonjour cher grand frère,
En lisant ton texte j'y lis plein de non-dit.... de sentiments du moment... comme l'humain sait être.
Comme tu le sais bien l'être humain ne pense pas à ce point de donner à ceux qui ont moins..... ce n'est pas une conception innée la charité !!! dommage le monde serait autrement mieux.
Tu te demandes par quel moyen les autres auront envie de vous...de votre terre ? seulement quand ils vont comprendre ce qu'est l'amour, aimer assez les autres pour ne pas les voir souffrir, quand ils voudront que la vie soit un vrai partage, quand ils voudront un monde humain !!!! donc comme tu le vois... ce n'est pas pour demain.
Alors tu as bien raison de ne plus hésiter, il ne faut pas toujours attendre après les autres.... sinon ça peut être très long avant qu'il y ait qques avancements que ce soit. Les beaux discours.... ont connaient !!!
Aussi bien relever les manches, la tête et foncer en restant réaliste. En étant sur place il sera plus facile, je crois, de trouver le sens que vous voulez donner à votre pays, qu'avoir une vision de l'éxtérieur sans y vivrent les difficultés quotidiennes.
A bientôt mon frère.