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Kitmien | 11 Mai, 2006 02:23
Il m’a fallu admettre que ma première fille avait raison lorsqu’elle m’expliquait combien elle avait du mal à dialoguer et à partager en profondeur avec sa grand-mère qu’elle respectait tant.
J’ai fini par lui avouer que je ne savais pas que ma démarche d’antan avait des ratés. Je m’étais convaincu que je me devais d’aider mes enfants à vite posséder l’instruction scolaire, le parler en français et pourquoi pas ces manies et tics français.
Je ne songeais pas à l’époque à cette autre envie que j’allais caresser pour ramener tout mon monde chez nous, histoire me disais-je d’équilibrer les têtes de mes enfants tant aimés.
Ma première fille avait fini ses études. Elle voulait me dire qu’elle souhaitait aller vivre sans nous. Elle s’était préparée à répondre à toutes mes craintes et à la question de savoir ce qu’elle avait retenu de sa grand-mère, elle me fit comprendre qu’elle n’avait pas bien profité d’elle comme elle le souhaitait car son niveau de dialecte ne le lui avait pas permis.
C’est cette carence que je regrette aujourd’hui, je crois qu’il aurait mieux valu commencer par plonger mes enfants dans ma culture avant de les faire découvrir celle d’autrui.
Aujourd’hui, ils sont nombreux mes frères qui ont choisi comme moi de privilégier la culture d’autrui à leurs enfants avant espèrent-ils la leur. Je sais qu’une bonne partie d’entre eux le regrettera, ceux qui dans une juste quête se rendront compte de cette erreur vraie.
J’apprécie ainsi ces nouveaux moments où avec courage, je me bats à corriger ces erreurs de jeunesse librement faites. Le temps où tout le monde prenait à cœur l’éducation des enfants de tous est révolu. Le temps où un clin d’œil suffisait pour suggérer une attitude à un enfant, un ami ou une maman est devenu rare.
Comme il me plaît de trouver le temps de chanter ces si belles anciennes chansons qui nous éduquaient si simplement devant mes enfants qui s’en émerveillent maintenant… contre toute attente !
La joie de les voir s’intéresser, et faire des progrès énormes me pousse à penser que tout leur avait été inoculé miraculeusement dans le sang.
Que mon ambition actuelle trouve donc cet écho tant attendu auprès de ces chers rejetons qu’on voudrait ne jamais cesser d’éduquer… Kitmien.
Venga | 12/05/2006, 15:05
Dinga-dinga | 12/05/2006, 20:50
Grand frère
Tu fais bien de le dire car aujourd'hui toute la colonie congolaise de la diaspora n'est pas encore arrivé à comprendre cette tare. Ce n'est que 15 ans plutard après la naissance de mon premier fils que je me suis mordu le doigt ; lorsque ma mère est venue pour des soins médicaux en france que je disais aux enfants aller donc discuter avec mamie pour une fois que la chance nous sourit de l'accueillir chez nous , et les pauvres l'entourait et quelle tristesse quand je constatais qu'ils ne comprenaient rien de ce qu'elle disait et que j'étais obligé de faire l'interprète ...Jusqu'au jour où elle est repartie il n'ya jamais eu de vrai dialogue entre eux. Aujourd'hui je puis vous assurer que j'ai eu des remorts à ce sujet : j'ai essayé donc de leur parler notre langue ils comprennent un peu mais n'ont pas encore réussi à la parler eux mêmes.
Au téléphone quand je prends des nouvelles de maman ils disent à peine bonjour et ne peuvent pas dirent deux phrases. Je suis toujours mal à l'aise et me suis rendu surtout compte que les congolais de kinshassa ont été plus lucides que nous dans ce domaine.
Quand mon premier enfant avait commencé sa maternelle à l'époque les enseignants affirmaient que les enfants qui ont des difficultés à l'école c'est ceux qui parlent une autre langue à la maison. Aujourd'hui ils ont encore changé de théhorie et disent que les français ont du mal à parler les langues européennes parce qu'ils n'ont qu'une langue de toute leur enfance et donc arrivé au collège ils ont du mal et trop vieux pour aborder des nouvelles langues.
Aujourd'hui il ya des programmes en anglais dans les écoles primaires.
Pendant ce temps dans les colonies la vielle théorie continue de suivre son chemin .
faite un tour à Brazzaville et vous serez étonné de voir que tous les enfants parlent français ,mais hélas c'est un mauvais français et ne savent plus écrire la langue q'ils parlent.Alors qu'à l'époque ou nous ne savons pas nous exprimer en français, nous écrivions correctement cette langue et nous maitrisions également notre langue maternelle.
Aujourd'hui nos enfants parlent et écrivent un mauvais français en même temps notre langue maternelle devient une langue étrangère.
Où allons nous alors? ceux qui ont voyagé ont des circontances atténuantes pour parler la langue locale avec leurs enfants mais ceux qui restent au pays qui allaient nous permettre d'entrainer nos enfants quand ils viennent en vacances (si nous faisions cet effort) ne savent plus parler la langue...C'es vraiment une double tristesse.
Kitmien | 15/05/2006, 22:59
Oui ma chère Venga, c'est un peu dommage que l'on ne pense pas à donner à nos enfants l'essentiel de ce qui nous a construit nous mêmes.
Donc la légitimité de penser de cette manière est discutable !
Oui mon bien cher Dinga-dinga, nous payons un trop grand tribu du fait de la colonisation ça se voit chez nous.
Comme nos dirigeants ne savent jamais (par hasard) ce qu'il y a à faire...les pratiques héritées ont encore du beau temps chez nous!
Mais l'essentiel n'est pas seulement la langue, je veux croire qu'ailleurs nous essayons de nous pousser vers notre futur salvateur qui nous ressemble !
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Sois sans crainte grand frère comme tu le sais nous ne cessons jamais d'être parent et de les éduquer tout au long de leur vie.
C'est vrai que le fait d'être immigrant doit nous porter à épouser rapidement la langue et les comportements de notre nouvelle patrie au détriment de la sienne, comment ne pas agir de la sorte quand nous voulons que nos enfants s'intègrent le mieux et le plus rapidement possible. C'est une manière d'agir et de pensée tout à fait légitime mon cher frère.
La réussite de conserver qui nous sommes consiste à leurs inculquer en même temps nos langues et coutumes.
Que ce ne soit pas parfait comme tu l'aurais voulu vient peut-être du fait que la nouvelle patrie à prit une plus grande place à la maison autant qu'à l'extérieur, comment peut-on s'en vouloir vraiment....on fait toujours du mieux que nous pouvons avec ce que nous pensons sur le moment n'est-ce pas ??
Après coup, ce qu'il reste à faire est d'essayer d'amoindrir le manque à gagner, mais te connaissant, tu dois y mettre les bouchées doubles (rires) puisque tu dis qu'ils font des progrès énormes.
A bientôt.