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Kitmien | 17 Mai, 2006 01:33
Je faisais confiance à l’école qui, je croyais, allait t’apporter beaucoup plus que je ne pouvais, ma bien chère petite maman. Et comme je te remercie de m’avoir montré ton agréable envie de vouloir encore et encore apprendre auprès de nous tes parents. Cette sagesse est sans nul doute de celle que tu tiens de nos ancêtres. Je veux bien te partager cet inoubliable sermon que je tenais de ma mère. Encore elle ! Mais oui, c’est toute une vie que j’ai passé à ses côtés et quoi de plus naturel que je tienne tout de mon papa et d’elle !
Prends garde de manifester ta peur devant quiconque, toi qui viens de réussir à ton concours et qui, pour la première fois, doit aller au loin, habiter d’autres pays inconnus. Sache que l’épervier qui vole haut et voyage loin, sais toujours retrouver son kapokier. Il y revient le moment venu.
Ce proverbe était connu de nous tous, mais je connais bon nombre de mes copains du village qui le connaissaient mais ne l’ont plus jamais appliqué. Je ne sais pourquoi, maman enchaînait toujours une histoire vécue par elle à chaque fois qu’elle nous donnait un proverbe. Je ne sais pas si c’était cette histoire qui m’a fait ne jamais oublier ce proverbe.
Sais-tu que je me dois d’aller visiter ma mère régulièrement, vous laissant aux bons soins de votre père, c’est toujours l’occasion de vivre mon enfance et montrer à ma mère combien je l’aime. Je profite de cette occasion pour lui montrer la joie qu’elle m’a donnée, qu’elle peut souffler des travaux qui l’accablent seule dans son hameau. Elle n’arrête pas de faire appel aux esprits de la famille pour moi, elle n’oublie pas d’invoquer ses parents dont elle loue les puissances en leur demandant de s’occuper spécialement de moi, de mes enfants !
Ce retour rituel vers ma mère est comme ce retour de l’épervier, martelait-elle, mais aussi tu te dois de te ménager toujours un coin spécial dans les lieux où tu vis. C’est là où seul tu retourneras pour te ressourcer nécessairement et rencontrer les bons esprits de tes ancêtres. Tout homme doit prendre le temps d’interroger son intérieur pour vérifier si tout continue de te soutenir et te porter partout où tu es obligé de passer.
Je ne connais pas le pays des blancs où tu vas, mais je sais une chose, le blanc est peut être mauvais mais il ne mange pas l’étranger… Je sais que tu me reviendras sain et sauf. Ce qui me préoccupe reste cette éducation que ton père et moi t’avons donnée. Il doit toujours se refléter autour de toi, et comme les bons esprits de chez moi et ceux de ton père t’accompagnent, tu te dois de te rassurer. Rien absolument rien ne pourra alors perturber ton séjour si tu sais garder les principes humains que tu connais maintenant.
Ne rate jamais toute occasion de retourner aux sources, seules capables de te mener aussi loin que tu le désires. Tu n’auras pas à apprendre tout ce que tu connais déjà mais regarde bien comment les autres vivent, croient et espèrent pour que ton enrichissement soit sain. Reviens nous nous conter tout ce que tu auras appris des autres hommes…
Et moi de te remercier de ta sage décision d’avoir compris, sans que je te le dise, que ton avenir pouvait très bien se construire au pays de tes grands-parents et du tien !
Que les bénédictions de nos esprits t’accompagnent pour ton épanouissement chez toi ! ….Kitmien.
Venga | 23/05/2006, 15:22
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Grand frère,
Que dire de ce texte sans me répèter ?? L'inspiration à trouver, pour te faire plaisir en y mettant mes commentaires, se trouve un peu plus profonde qu'à l'habitude.
A ce que je connais de vous et que j'entends, tous les parents imageaient leurs propos et citations d'histoires vécues pour faire l'éducation de leur progéniture et c'est une façon de faire qui manifestement a plus de portée dans la mémoire que la façon d'éduquer à l'occidentale. Ce que pratique aussi les Asiatiques.
Ce que tu racontes à ta petite maman, le sermon que tu as toi-même appris, est encore une fois les valeurs de base d'une famille, entre humains, la valeur que tu as toi-même à l'intérieur, ne jamais oublier ton ressenti, de te retrouver en toi. Quels beaux messages cette maman t'offraient toi qui a su si bien les prendre.
S'il avait fallu que le monde dont nous sommes pourvu ait eu cette éducation, "la vie dont tu as hérité", nos sociétés s'en porteraient beaucoup mieux.
Dis donc grand frère, la profession de "preacher" ne te disait rien ??? (rires).