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Kitmien | 04 Juin, 2007 12:59
Longtemps,
il avait ruminé son étonnement devant cette relative inefficacité à organiser
la vie de tout le monde et voyait d’un mauvais œil le laisser aller savamment
entretenu comme si une volonté cachée de nuire à une bonne frange de citoyens
était le leitmotiv des quelques responsables de la gestion du bien commun.
Le
calme et l’absence d’initiative qui caractérisaient la plupart des citoyens
s’expliquaient par cette difficile sortie de guerre civile et inexpliquée si ce
n’est pour imposer les intérêts de quelques riches exploitants et leurs
associés. Plus rien ne pouvait appeler cette violence humaine habituelle chez
eux et ils n’envisageaient plus rien pour dire ou simplement interpeller ceux à
qui ils pensaient avoir confié la gestion du bien public.
La
résignation qui avait fini par gagner tout le monde laissait à chacun le soin
de trouver un petit espace pour planter son petit coin de vie, laissant les
grandes questions aux rêveurs et aux éternels incapables de trouver des
solutions aux réels problèmes de tous.
Lui
était apaisé et souriant, ne laissant jamais voir son bouillonnement intérieur
qui le rongeait et pour lequel il tentait d’échapper. Il avait fini par se
poser des questions à propos de sa vie, de ses concitoyens et des
responsabilités mal assumées par les dirigeants du pays.
Ses
méditations et ses réflexions lui avaient conduit loin, très loin dans ses
pensées et il ne se contentait plus des quelques lieux communs que tout le
monde épouse facilement. Il se savait maintenant plus mûr. Il voulait secrètement faire l’expérience
d’être à la tête de grandes responsabilités et comprendre pourquoi
l’amélioration de la vie du plus grand nombre était devenu impossible
jusqu’alors malgré les immenses opportunités qui se présentaient.
La
vie dans le pays était devenue plus dangereuse, l’eau manquait, le courant
aussi. Les enfants se noyaient beaucoup plus souvent en allant dans les
rivières. Mais le plus affolant était la corruption qui avait pris des formes diverses.
Ainsi les policiers extorquaient les marchands, les chauffeurs de taxi et de
bus, toute l’activité économique était soumise à des taxes diverses non
contrôlées et non légales par toute sorte d’administrateurs plus ou moins
mandatés. Les douaniers sévissaient contre toute exportation de biens en
obligeant quiconque à leur verser des back chiches… Bref, toute
l’administration était devenue sclérosée en installant partout cet engouement
d’arnaquer quiconque se présente à tout fonctionnaire ou celui qui en prend
l’allure. La situation du pays paraissait donc très difficile et insurmontable.
Pourtant, l’arrivée à la tête d’un bon dirigeant a déjà montré combien il était
surprenant de voir les mœurs se corriger assez vite, l’exemple du Congo
Kinshasa était encourageant, KABILA avait remplacé MOBUTU en améliorant très
sensiblement les comportements des citoyens et des fonctionnaires corrompus.
Mais
il savait que le temps de rêver d’une bonne bataille pour rejoindre une place
lui permettant d’influencer une quelconque décision dans l’amélioration de vie
du plus grand nombre était bien perdue d’avance. Le temps, encore lui, ne lui
était pas favorable. Il se souvenait du choix qu’il avait fait quand il se
trouvait au Lycée. Il avait choisi de réussir sa vie en se battant pour trouver
un travail qui lui permette de construire patiemment une famille, et un lieu de
vie à la dimension de ses ambitions modestes. Il avait régulièrement évalué son
parcours et décidé des changements à apporter au gré des possibilités qui se
présentaient à lui. Aujourd’hui, il semble être arrivé à boucler les dernières
touches du probable dernier projet d’envergure humaine qu’il se proposait
d’embrasser. L’expérience acquise et l’âge le portaient avec une certaine
assurance vers son projet. Il avait bon espoir de le conduire à bon port et
cela le rassurait.
Tilt,
il aurait pu choisir de se battre pour accéder aux responsabilités publiques
comme quelques uns de ses collègues du Lycée étaient partis vers la politique
et les armes. Il aurait tout mis en branle pour réussir à se faire une place
dans les labyrinthes politiques du pays et qui sait s’il n’aurait pas eu sa
part de responsabilités dans les ratés que l’on fustige aujourd’hui.
Mais
son fou rêve est de revenir encore dans ce pays pour se battre à transformer le
pays. Il a bien entendu parler de réincarnation ou de d’êtres revenus sur terre
continuer leur nième karma. Au village, pendant son enfance, c’est souvent
qu’il entendait dire que le bébé qui marchait à quatre pattes n’était autre
qu’un ancêtre revenu… Et tant pis si beaucoup n’y croient pas, lui pense
fortement pouvoir mourir et revenir chercher à accomplir ce qu’il considère
maintenant comme son futur destin de poser le pays Congo dans ses avantages et
ses contours, offrant ainsi un cadre de vie aux congolais à la hauteur de sa
générosité extraordinaire. Son orgueil le berce et lui fait miroiter qu’il
pourra toujours compter avec son intelligence, sa sagesse et aussi dans les
notes et les recherches qu’il fait aujourd’hui.
Mais
dans quelle mesure se souviendra t il de cette résolution, de la richesse de
ses réflexions dans une vie qui va finir quand il vivra une autre vie où
s’impose d’être bébé, avoir des parents, et aussi vivre dans des conditions
aujourd’hui inconnues ? ….
Kitmien.
Venga | 12/06/2007, 00:08
Kitmien | 17/06/2007, 13:53
TU as raison ma grande systa, point n'est besoin de se souvenir de ce que l'on était... il suffira de retrouver une ambition à réaliser conforme à ce que l'on a déjà souhaité.
Vivement pour moi que je parte et je revienne pour vivre cette belle et extraordinaire aventure de contruire à la tête d'un pays un environnement à la hauteur de la générosité du pays qui nous a si gentiment accueilli !
Au plaisir de papoter un jour de ces questions si exhaltantes...
diamanta | 23/04/2008, 21:45
cousin(e) je kiffe grave se que tu écris :D je suis tombée par hasard sur tes écrits et des maintenant se ne sera lus du hasard ;) big up
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Bonjour Grand, ça fait tropppppp longtemps !
Comme réponse à ta question finale..... d après moi si dans une prochaine vie tu n as pas à vivre ce que tu vis présentement ou à faire ces réflexions; tu n auras pas besoin de te souvenir de ce que tu vis présentement car tu auras les idées pour ce que tu auras à vivre à ce moment là .... ce qui peut etre tout à fait différent que dans cette vie-ci !
Et .... si je ne m abuse, peu importe l évolution à faire dans nos vies, nous n avons aucun souvenir de nos vies antérieures !
Donc les souvenirs de cette vie dans une prochaine sont, d après moi, inexistants.
Par contre, ce que nous devons faire comme évolution dans nos vie.... la Vie s organise pour nous y amener de toutes les façons possible, que nous en soyons conscient ou non.
Je balance présentement vers un sujet dont on pourrait parler des heures durant en donnant tous notre point de vue et notre propre façon de voir les choses.... un jour p-etre ??!!!
A + Grand Frère